Je passe mon exil parmi de tristes lieux - Texte

Modifié par Margot_dns

Je passe mon exil parmi de tristes lieux,
Où rien de plus courtois qu’un loup ne m’avoisine,
Où des arbres puantsfourmillent d’Ecurieux2,
Où tout le revenu n’est qu’un peu de résine,

Où les maisons n’ont rien plus froid que la cuisine,
Où le plus fortuné craint de devenir vieux,
Où la stérilité fait mourir la lésine3,
Où tous les Eléments sont mal voulus des cieux4.

Où le Soleil, contraint de plaire aux destinées,
10 Pour étendre mes maux allonge ses journées,
Et me fait plus durer le temps de la moitié:

Mais il peut bien changer le cours de sa lumière,
Puisque le Roi perdant sa bonté coutumière
A détourné pour moi le cours de sa pitié.

Théophile de Viau, Œuvres poétiques, 1621.

1. Arbres puants : des pins.
2. Escurieux : écureuils.
3. Lésine : fait d'épargner sordidement jusque sur les plus petites choses.
4. Sont mal voulus des cieux : en butte à la malveillance des cieux.
5. Le temps s’allonge tellement que le poète a la sensation qu’il compte double : une heure en vaut presque deux « plus de la moitié ».

Source : https://lesmanuelslibres.region-academique-idf.fr
Télécharger le manuel : https://forge.apps.education.fr/drane-ile-de-france/les-manuels-libres/francais-seconde/-/tree/master?ref_type=heads ou directement le fichier ZIP
Sous réserve des droits de propriété intellectuelle de tiers, les contenus de ce site sont proposés dans le cadre du droit Français sous licence CC BY-NC-SA 4.0